Publié le 14 juillet, 2012 | par Pleins Feux

Les armes électromagnétiques

L’art de faire la guerre se transforme avec des armes qui détruisent l’équipement électronique.

Les balles et les bombes sont du 20ième siècle. Les guerres du 21ième siècle seront dominées par les canons à rayons. C’est, du moins, la vision d’une bande de techniciens militaires qui construisent des armes qui fonctionnent en détruisant l’équipement électronique de l’ennemi, plutôt que de les faire exploser en mille morceaux. Le résultat pourrait être des conflits moins sanglants, pourtant plus efficaces, que ce qui est aujourd’hui considéré comme des batailles conventionnelles.

Les armes électromagnétiques, pour donner à ces armes à rayons leur vrai nom, sont inspirées par l’idée de la guerre froide d’utiliser l’énergie de la radio-fréquence libérée par une bombe atomique explosant dans la haute atmosphère pour brûler le réseau électrique d’un ennemi, son réseau téléphonique et peut-être même le câblage de ses véhicules à moteur, en induisant une subite augmentation de l’électricité dans les câbles qui alimentent ces choses.

Cette idée, heureusement, n’a jamais été jugée utilisable (même si certains tests ont été effectués). Mais, en pensant plus petit, les planificateurs militaires ont développé des armes qui utilisent un principe similaire, sans la nécessité d’une explosion nucléaire. Au lieu, ils créent leurs impulsions électromagnétiques avec des magnétrons, les générateurs à micro-ondes au cœur des équipements radars (et aussi des fours à micro-ondes). Le résultat est un équipement qui peut détruire les missiles et les avions ennemis, arrêter net les chars d’assaut et les vedettes rapides. L’arme peut également effrayer les soldats qui s’enfuient sans les tuer.

Plusieurs armes électromagnétiques, effectivement, ressemblent à des radars, du moins pour les yeux non-experts. Les forces aériennes de États-Unis développent une gamme de ces armes en se basant sur un type de radar appelé un réseau actif à balayage électronique (AESA). Lorsqu’il agit comme un radar normal, un tel système diffuse ses ondes sur une large zone. Au simple toucher d’un bouton, cependant, toute son énergie peut être concentrée sur un seul point. Si ce point coïncide avec un missile ou un avion en approche, l’équipement électronique de la cible sera détruit.

Des petits AESAs (réseau actif à balayages électromagnétiques), assez petits et légers pour être installés sur un avion comme un Joint Strike Fighter (F-35), sont sans doute limités à détruire des missiles air-air et sol-air (les forces aériennes sont naturellement réticentes à fournir les détails de leurs capacités). Les équipements basés au sol ou à partir de navires peuvent produire beaucoup plus de puissance. Ces équipements seraient en mesure d’attaquer à la fois des missiles balistiques et des avions, dont l’équipement électronique a tendance à être mieux protégé.

Alors, dans le cas du F-35, ce genre d’artillerie électromagnétique est essentiellement défensif. Mais, un autre avion, le Growler de Boeing, utilise l’électromagnétisme comme une arme offensive. Le Growler, qui a d’abord vu de l’action en Irak en 2010 et a été largement (quoique discrètement) déployé lors des attaques aériennes de l’OTAN contre les forces du colonel Kadhafi en Libye, est une version améliorée du Super Hornet. Il est équipé de cinq bulbes : Deux sous chaque aile et un sous le fuselage. Quelques bulbes contiennent des AESAs ou des armes électromagnétiques similaires. D’autres ont un équipement d’écoute à l’intérieur. En combinaison, ces bulbes peuvent être utilisées soit pour espionner les communications de l’ennemi ou les détruire ; Supprimer les tirs antiaériens ; Désactiver l’équipement électronique des véhicules terrestres ; Et rendre la vie tellement dangereuse pour les avions ennemis qu’ils n’osent même pas voler (et sans aucun doute, les abattre par voie électronique également, bien que personne ne va le confirmer). Le Growler est capable de garder ses armes chargées et voler silencieusement en abaissant des turbines spéciales dans le courant d’air qui s’engouffre autour de l’avion quand il vole. Les États-Unis ont commandé 114 de ces avions et ont pris livraison de 53.

Par voie terrestre, maritime et aérienne

Les avions ne sont pas les seuls véhicules à partir desquels les impulsions électromagnétiques destructrices peuvent être lancées. BAE Systems, une entreprise de la défense britannique, est en train de construire un navire doté d’un canon électromagnétique. Les micro-ondes à très haute puissance, comme on l’appelle, sont rapportées par Aviation Week comme étant assez puissantes pour désactiver tous les moteurs dans un groupe de 30 vedettes rapides. Les navires équipés de tels dispositifs ne seraient jamais soumis à la sorte d’attaque qui a endommagé l’USS Cole en 2000, quand un bateau d’Al-Qaida chargé d’explosifs l’a éperonné. Un canon semblable serait également utile pour arrêter les attaques des pirates contre les navires commerciaux.

Les véhicules terrestres, également, seront bientôt équipés de canons électromagnétiques. En 2013, l’Amérique espère déployer de l’équipement à radio-fréquences pour arrêter les véhicules. Cet appareil, développé au Joint Non-Lethal Weapons Directorate de Quantico, en Virginie, est un transmetteur de micro-ondes de la taille et de la forme d’une petite antenne parabolique qui pivote sur le dessus d’une voiture blindée. Lorsqu’il est dirigé sur un autre véhicule, il provoque l’arrêt instantané du moteur de ce véhicule.

Cette manière douce de manipuler l’ennemi, arrêter ses vedettes et ses tanks, a des avantages surprenants. Par exemple, il élargit la gamme des cibles qui peuvent être attaquées. Quelques trucs favoris de la guerre moderne, comme les centres de communications dans les hôpitaux, ou la protection des sites avec des « boucliers humains » civils, cessent d’être efficaces si c’est simplement l’équipement électronique étant attaqué qui est détruit. Bien que la désactivation de l’avionique d’un chasseur provoquera évidemment son écrasement, dans de nombreux autres cas, aucun préjudice direct n’est fait aux gens.

La conclusion logique de tout ceci est un soi-disant missile « sécuritaire pour l’homme » qui transporte une arme électromagnétique au lieu d’une ogive explosive. Un tel missile est en développement à Kirtland Air Force Base au Nouveau Mexique et sera bientôt testé au White Sands Missile Range.

Cependant, il y a au moins une arme électromagnétique qui est conçue pour attaquer les soldats ennemis directement, mais avec l’intention de les effrayer pour qu’ils s’enfuient plutôt que de les tuer. Cette arme, qui est appelé Active Denial System, a été développée par le Joint Non-Lethal Weapons Directorate, en collaboration avec Raytheon. Cette arme fonctionne en chauffant l’humidité dans la peau d’une personne au point où il se sent, selon Kelley Hughes, un officiel de l’entreprise qui s’était porté volontaire pour tester l’arme, comme s’il ouvrait la porte d’un four chaud. La réaction des gens, lorsqu’ils sont frappés par le faisceau, est généralement de s’enfuir. Le faisceau peut couvrir plusieurs centaines de mètres.

Ces armes antipersonnelles sont controversées. Des tests sur des singes, y compris ceux dans lesquels les yeux des animaux étaient maintenus ouverts pour vérifier que le faisceau ne rend pas aveugle, suggèrent que ces armes ne provoquent aucun dommage permanent. Mais, quand un Active Denial System monté sur un véhicule a été envoyé en Afghanistan en mai 2010, il a finalement été retourné sans être utilisé. Le ministère de la défense ne dira pas exactement pourquoi. Cependant, les soupçons sont que les armes comme l’Active Denial System rappellent réellement dans beaucoup d’esprits les canons à rayons de la science-fiction, et que leur utilisation dans des combats réels serait une erreur de relations publiques. Désactivation les communications et détruire des missiles est une chose. Utiliser des rayons de chaleur sur l’ennemi pourrait mal paraître dans les journaux, et sortir les civils de leurs petits-déjeuners.

Les douches froides sont bonnes pour vous

Pour chaque action, il y a, bien sûr, une réaction égale et opposée, et les chercheurs sont tout aussi occupés à trouver des moyens de déjouer les armes électromagnétiques comme ils le sont à les développer. La plupart des sortes de moyens pour les déjouer sont les types de cages de Faraday, nommé d’après le chercheur du 19ième siècle qui a fait beaucoup de recherches fondamentales sur l’électromagnétisme.

Une cage de Faraday est un bouclier de matériel conducteur qui arrête la pénétration des rayonnements électromagnétiques. Ces boucliers ne doivent pas être lourds. Un revêtement en maille polyester recouvert de nickel et de cuivre est un bon point de départ. Des textiles métallisés, chimiquement traités pour une plus grande conductivité, sont également utilisés. Mais, les cages de Faraday peuvent être coûteuses. EMP-tronic, une firme basée à Morarp, en Suède, a développé un tel blindage, d’abord pour le Gripen, un avion de chasse suédois. Ce matériel peut également être un écran pour les bâtiments pour une considération adéquate. Pour couvrir un espace de seulement 20 mètres carrés avec une cage de Faraday en mailles couvertes de cuivre la compagnie demande € 300,000 ($400,000).

Le blindage des bâtiments pourrait bientôt devenir moins dispendieux. Au moins deux groupes de scientifiques, une au Conseil national de recherches du Canada et l’autre à Contour Global dans le Texas, développent du ciment conducteur électriquement qui va bloquer les impulsions électromagnétiques. Le mélange de Global Contour, qui comprend des fibres d’acier et de carbone avec un ingrédient spécial que l’entreprise ne divulgue pas, couterait entre 20 $ et 150 $ par mètre cube, ou aux environs, ce que coûte le béton ordinaire.

Alors, la course aux armements pour protéger les petits véhicules et les bâtiments contre la guerre électromagnétique a déjà commencé. Cependant, protéger les navires exige une pensée latérale. Pour des raisons évidentes, ils ne peuvent pas être encastrés dans le béton. Et, la construction d’une cage de Faraday tout autour, d’un navire classique de la marine serait horriblement dispendieux.

Daniel Tam, de Space and Naval Warfare Systems Command de San Diego, pense qu’il a un moyen de contourner cette contrainte. Il propose d’utiliser la conductivité électrique des ions du sodium et de la chlorure dans l’eau de mer afin de créer une nouvelle sorte de cage de Faraday. Il estime qu’un linceul d’eau de mer autour d’un bateau, propulsé par des pompes et des tuyaux spéciaux, si le navire a été attaqué par des armes électromagnétiques, ferait l’affaire.

C’est une idée ambitieuse. Que ça fonctionne ou pas, ça démontre combien la nature de la belligérance moderne est en mutation. Les bombes et les balles auront toujours leur place, bien sûr. Mais, la pensée qu’une douche froide pourrait protéger un navire d’une attaque est presque surréaliste.

http://www.economist.com/node/21532245

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