La police a interdit la marche « Marcher avec Jésus »dans l’est de Londres par crainte de représailles musulmanes.


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Par l’équipe de PNW  –  le 24 janvier 2026

La Grande-Bretagne s’est toujours proclamée terre de foi et de liberté, mais ces mots sonnent creux à Whitechapel. Une marche « Marcher avec Jésus » a été interdite, non pas parce qu’elle est illégale ou violente, mais parce que les autorités craignent qu’elle n’offense certains. On dit désormais aux chrétiens pacifiques qu’ils ne peuvent plus proclamer leur foi en public sans risquer l’arrestation. Il ne s’agit pas d’une simple décision de la police locale ; c’est un avertissement quant à la direction que prend toute une nation.

La décision de la police métropolitaine d’interdire la manifestation, prévue le 31 janvier, est motivée par l’importante communauté musulmane de Whitechapel. Les organisateurs présentaient la procession comme un événement religieux chrétien durant ce qu’ils appelaient « le mois dédié au saint nom de Jésus ». Cependant, les autorités ont jugé la marche à cet endroit « imprudente », invoquant des renseignements faisant état d’une réaction hostile susceptible de dégénérer en troubles. La marche peut se dérouler ailleurs, mais pas dans le quartier choisi par les fidèles.

Le commissaire adjoint James Harman a souligné que la décision reposait uniquement sur la sécurité publique, et non sur des considérations politiques ou le caractère offensant de l’événement. Toute personne enfreignant l’interdiction s’exposerait à une arrestation. Mais même présentée comme une mesure de sécurité, le message est clair : dans certains quartiers, marcher publiquement avec Jésus est trop dangereux pour que la Grande-Bretagne puisse l’autoriser.

La réalité troublante est que cette interdiction crée un dangereux précédent pour l’expression chrétienne. Le culte public n’est plus protégé simplement parce qu’il est pacifique et légal ; sa protection dépend désormais du risque de provocation qu’il pourrait susciter. Le message est clair : si votre foi risque d’offenser quelqu’un, vous devez vous taire, rester chez vous ou manifester dans un lieu « sûr ».

Il ne s’agit pas de neutralité, mais d’un abandon des droits fondamentaux. Une nation qui, jadis, portait fièrement le nom de Jésus dans ses rues, ses écoles et ses institutions, le perçoit désormais comme une menace potentielle. Lorsque des chrétiens pacifiques se voient interdire d’honorer publiquement leur Sauveur par crainte de froisser autrui, l’idée même de liberté religieuse s’en trouve ébranlée. Les autorités font peser de fait le fardeau de la tolérance sur ceux qui cherchent simplement à vivre selon leurs convictions, tout en récompensant l’hostilité par un contrôle de facto de l’espace public.

En substance, la Grande-Bretagne est passée d’un pays célébrant son héritage chrétien à un pays où le culte doit être soigneusement encadré pour éviter les conflits. Le droit de se réunir, de proclamer sa foi et de vivre ouvertement sa foi chrétienne n’est plus acquis ; il est devenu négociable et tributaire des réactions d’autrui.

Whitechapel abrite depuis longtemps l’une des plus importantes communautés musulmanes de Grande-Bretagne. Ce seul fait ne devrait pas – et n’a historiquement jamais – empêcher l’expression chrétienne. La Grande-Bretagne n’est pas un État musulman théocratique. C’est, ou du moins c’était, une nation façonnée par le christianisme, dont les lois, les libertés et les institutions reposent sur des fondements bibliques. La liberté de réunion, de culte et de proclamation publique de sa foi n’a jamais été conditionnée par le fait qu’elle puisse offenser un autre groupe religieux.

La police affirme agir uniquement par souci de sécurité, mais cette logique soulève une question troublante : depuis quand exprimer sa foi chrétienne en public est-il devenu une menace pour la société ? Si le culte pacifique est désormais perçu comme dangereux, qu’en est-il des autres formes de pratique chrétienne – sermons, crèches vivantes à l’école ou prières publiques ? Aujourd’hui, c’est une marche ; demain, ce pourrait être un cantique, une croix ou un sermon soudainement jugé trop provocateur.

Les implications culturelles sont profondes. Autrefois nation fière de célébrer ses racines chrétiennes, la Grande-Bretagne les perçoit désormais comme un handicap. L’expression publique de la foi n’est plus une question de conviction, mais de prudence, mesurée par le risque de provoquer autrui. Dans ce contexte, les chrétiens sont censés s’autocensurer pour se prémunir contre une éventuelle hostilité.

Cette érosion des libertés dépasse largement les frontières de Whitechapel. Elle touche les écoles, les lieux de travail, les événements civiques et les quartiers de tout le pays. Lorsqu’une réaction potentielle d’un groupe détermine si un autre groupe peut pratiquer sa religion, la liberté n’est pas protégée ; elle est suspendue. Et de cette suspension naît l’identité même de la nation.

L’héritage chrétien de la Grande-Bretagne n’est pas une simple note de bas de page historique. Il est le terreau de ses libertés. Traiter aujourd’hui le culte chrétien public comme une menace déstabilisatrice, c’est renier l’âme même de la nation. La question n’est plus de savoir si le christianisme est marginalisé au Royaume-Uni. Ce débat est clos. La question est désormais de savoir jusqu’où ira ce recul et combien de libertés disparaîtront insidieusement.

Une nation qui envoyait jadis des missionnaires aux confins du monde hésite aujourd’hui à laisser les croyants circuler librement dans ses rues. Cela devrait nous attrister. Et cela devrait nous interpeller.

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