Par l’équipe de PNW – le 24 janvier 2026
Un scénario bien connu se répète à travers l’Amérique, et il se termine presque toujours de la même manière. Lorsqu’une église refuse d’abandonner ses préceptes bibliques – notamment en matière de sexualité, de genre et de témoignage public – elle est accusée non seulement d’être insensible, mais aussi de cruauté, de dangerosité, voire de violence. La conviction est alors perçue comme de la haine. Les limites sont assimilées à de la violence. Et lorsqu’une tragédie survient, la responsabilité est rapidement détournée des familles brisées, des mensonges culturels et des troubles mentaux non traités – et imputée entièrement à l’église.
La mort tragique de Joshua Anthony Link, un jeune homme de 24 ans originaire de Belleville, dans l’Illinois, est désormais utilisée pour faire avancer ce scénario.
Selon les informations recueillies, Link, qui s’identifiait comme transgenre et utilisait le pseudonyme de « Nomad Thunder », travaillait comme agent d’entretien à l’église luthérienne Saint-Jean de Granite City. La direction de l’église lui aurait interdit de porter une tenue de soubrette et des oreilles de chat pendant son travail. Après un ultimatum et son licenciement, Link s’est suicidé environ une semaine plus tard. Ses parents accusent désormais publiquement l’église et son pasteur, le révérend Bill Hale, de manque d’empathie et d’indifférence envers la santé mentale de leur enfant.
C’est indéniablement tragique. Le suicide est toujours dévastateur, et les chrétiens ne devraient jamais en parler à la légère. La compassion est essentielle. Le deuil mérite de la tendresse. Mais la compassion n’exige pas la malhonnêteté – et elle n’oblige certainement pas l’Église à renoncer à la vérité ni à se reprocher de refuser de cautionner des comportements contraires à sa foi.
La tenue au cœur de cette controverse est importante, non pas parce que les vêtements déterminent à eux seuls la moralité, mais parce que les symboles ont leur importance, surtout dans les lieux sacrés. Une tenue de soubrette française avec des oreilles de chat n’est pas neutre. Elle est liée à une sous-culture internet spécifique, ancrée dans l’anime, les jeux de rôle sexualisés et la non-conformité de genre. Cette esthétique de « soubrette-chat » est largement reconnue en ligne comme faisant partie d’une identité fétichisée et performative, qui brouille intentionnellement les frontières entre fantasme, sexualité et vie publique.
Une église a pleinement le droit – et le devoir – de juger de telles expressions inappropriées sur son lieu de travail, surtout lorsqu’il s’agit d’un ministère chrétien au service des familles, des enfants et des fidèles qui attendent un certain niveau de dignité et de cohérence théologique. Dire « non » à une telle expression n’est pas une atteinte à l’humanité de quiconque. C’est affirmer une limite fondée sur la conviction.
Au lieu de se poser les questions essentielles sur les raisons de la fragilité, du manque de repères et du dénuement de ce jeune homme, au point que la perte de son emploi lui devienne insupportable, on a cherché à blâmer les autres. Les parents parlent avec émotion d’empathie, mais restent discrets sur la responsabilité, qu’elle soit personnelle ou parentale. Aimer son enfant ne signifie pas approuver toutes ses identités ni toutes ses exigences. Le véritable amour dit la vérité, même quand elle est difficile à entendre. Le véritable amour fixe des limites.
C’est là que le débat moderne s’enlise souvent. On nous dit que compassion et exigence morale sont incompatibles, qu’aimer quelqu’un implique de valider pleinement sa perception de lui-même. Mais ce n’est pas de l’amour ; c’est de l’abdication. On demande à l’Église non seulement de faire preuve de bienveillance, mais aussi de compromettre son témoignage. Et le compromis envoie toujours un message – surtout à la jeune génération – selon lequel la vérité est négociable et les convictions sacrifiables sous la pression émotionnelle.
On nous répète sans cesse que le refus de reconnaître l’identité transgenre conduit directement au suicide. Cet argument est utilisé comme un instrument moral pour faire taire toute dissidence. Or, de nombreuses études n’ont pas réussi à prouver que le manque de reconnaissance cause le suicide. Ce que la recherche démontre de façon constante, c’est que les personnes ayant entamé une transition continuent de présenter des taux disproportionnellement élevés de dépression, d’anxiété et de pensées suicidaires, longtemps après la fin des traitements hormonaux ou des interventions chirurgicales. La transition ne résout pas la souffrance sous-jacente ; elle l’aggrave souvent.
Cette réalité est rarement abordée car elle remet en question le discours dominant. Si le problème n’est pas l’affirmation, alors il réside peut-être dans le mensonge lui-même : celui qui prétend que l’on peut remodeler son identité à volonté, que le corps est dénué de sens et que toute résistance à cette croyance est une oppression.
Blâmer l’Église peut sembler satisfaisant, mais cela occulte une tragédie plus profonde : une culture qui inculque aux jeunes vulnérables l’idée que leur bonheur dépend du changement de tous les autres, et des parents qui confondent amour inconditionnel et approbation inconditionnelle. Il n’en résulte pas la liberté, mais la fragilité.
Les chrétiens peuvent et doivent faire preuve de compassion. Nous pouvons pleurer la perte, rejeter la cruauté et considérer chaque personne comme créée à l’image de Dieu. Mais nous ne pouvons transiger sur nos valeurs sans perdre ce qui donne à l’Église sa raison d’être. Si l’Église abandonne ses principes dès que le monde les désapprouve, elle cesse d’être sel et lumière et devient une institution de plus, reflet de la confusion ambiante.
On peut aimer son enfant et dire non. On peut avoir une profonde affection pour lui et fixer des limites. Et on peut faire son deuil sans réécrire la vérité ni accuser qui que ce soit.
L’Église n’est pas responsable de toutes les tragédies qui se produisent hors de ses murs. Mais elle a la responsabilité de rester fidèle en son sein, même lorsque cette fidélité est impopulaire, incomprise ou cruellement déformée.
