Union Européenne

Publié le 14 novembre, 2021 | par Equipe de Pleinsfeux

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ARMÉE EUROPÉENNE

Par Soeren Kern – Le 8 novembre 2021

L’Europe cherche à construire une armée européenne pour atteindre l’autonomie stratégique des États-Unis.

Les fédéralistes européens qui cherchent à transformer les 27 membres de l’Union Européenne en un super-état européen, en un soi-disant États-Unis d’Europe, ont relancé une proposition vieille de plusieurs décennies de construire une armée européenne.

L’appel à une armée supranationale, dans le cadre d’un effort pour que l’Europe obtienne une « autonomie stratégique » par rapport aux États-Unis, est menée par le président français Emmanuel Macron, qui, dans le cadre de sa campagne de réélection, espère apparemment remplacer la chancelière allemande sortante Angela Merkel en tant que leader de facto de l’Europe.

Macron prétend que l’Europe a besoin de sa propre armée car, selon lui, les États-Unis ne sont plus un allié fiable.  Il cite comme exemples : Le retrait précipité des troupes américaines d’Afghanistan par le président américain Joe Biden ; La pression croissante sur l’Europe pour qu’elle se range du côté des États-Unis contre la Chine ; Et l’exclusion de la France d’une nouvelle alliance de sécurité dans la région indo-pacifique.

De nombreux états membres de l’Union Européenne ne sont pas d’accord avec Macron.  Les pays d’Europe de l’Est, dont certains font face à des menaces existentielles de la Russie, savent que ni l’Union Européenne, ni la France ne peuvent égaler les capacités militaires offertes par l’OTAN et les États-Unis.

D’autres pays sont préoccupés par une panoplie de problèmes allant des coûts financiers à la souveraineté nationale.  D’autres encore sont opposés à la création d’une structure parallèle à l’OTAN qui pourrait saper l’alliance transatlantique. Une armée européenne commune semble être loin de devenir réalité.

Une ligne de conduite logique serait que les états membres de l’Union Européenne (qui comprennent 21 des 30 membres de l’OTAN honorent les engagements passés d’augmenter les dépenses de défense dans le cadre de leur contribution à l’alliance transatlantique.  Cela, cependant, irait à l’encontre de la folie des grandeurs, les illusions de grandeurs, des fédéralistes européens qui veulent transformer l’Union Européenne en une puissance géopolitique majeure.

Autonomie stratégique

Le terme « autonomie stratégique » dans les discussions européennes sur la défense est utilisé depuis au moins décembre 2013, lorsque le Conseil européen, l’organe directeur de l’UE composé des dirigeants des 27 états membres de l’UE, a appelé l’UE à améliorer son système industriel de défense de base.

En juin 2016, le terme est apparu dans la stratégie de sécurité de l’UE.  Le document, « Une stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne », a été dit « nourrir l’ambition d’une autonomie stratégique » pour l’Union Européenne.  « Un niveau approprié d’ambition et d’autonomie stratégique », a-t-il déclaré, « est important pour la capacité de l’Europe à promouvoir la paix et la sécurité à l’intérieur et au-delà de ses frontières ».

Ces dernières années, le concept « d’autonomie stratégique » a pris une signification bien plus large : L’idée signifie désormais que l’UE doit devenir une puissance souveraine militairement, économiquement et technologiquement indépendante des États-Unis.

L’observateur de l’UE Dave Keating a noté :« Le mot à la mode bruxellois est désormais « autonomie stratégique », un effort pour éloigner le mot « souveraineté » des nationalistes et faire valoir que seule une UE forte peut rendre les Européens vraiment souverains vis-à-vis de la Russie, de la Chine et des États-Unis ».

Les fédéralistes européens ont de plus en plus appelé à la construction d’une force militaire autonome de l’UE au fil des ans :

Le 8 mars 2015.  Dans une interview au journal allemand Welt am Sonntag, Jean-Claude Juncker, alors président de la Commission Européenne, l’organe administratif de l’UE, a déclaré que l’Union Européenne avait besoin de sa propre armée car elle n’était pas « entièrement prise au sérieux » sur la scène internationale.

La proposition a été catégoriquement rejetée par le gouvernement britannique, qui à l’époque était encore membre de l’UE : Aucune perspective d’armée européenne.

Le 26 septembre 2017.  Le président Macron, dans un discours majeur à Sorbonne Université, a appelé à une force de défense commune de l’UE dans le cadre de sa vision pour l’avenir du bloc : « L’Europe a besoin d’établir une force d’intervention commune, un budget de défense commun et une doctrine commune pour l’action ».

Le 6 novembre 2018.  Macron, marquant le centenaire de l’armistice qui a mis fin à la Première Guerre Mondiale, a averti que l’Europe ne peut être protégée sans une « vraie armée européenne ».  Il a ajouté : « Nous devons nous protéger vis-à-vis de la Chine, de la Russie et même des États-Unis d’Amérique ».

Le 13 novembre 2018.  La chancelière allemande Angela Merkel a fait écho aux appels de Macron pour une armée européenne : « L’époque où nous pouvions compter sur les autres est révolue.  Cela signifie rien de moins pour nous, Européens, que de prendre notre destin en main si nous voulons survivre en tant qu’Union… Nous devons créer une unité d’intervention européenne avec laquelle l’Europe peut agir sur le terrain là où c’est nécessaire.  Nous avons fait des pas importants dans le domaine de la coopération militaire, c’est bien et largement soutenu dans cette Assemblée.  Mais je dois aussi dire, vu les développements de ces dernières années, que nous devons travailler sur une vision pour établir un jour une véritable armée européenne. »

Le 10 septembre 2019.  Lors de sa première conférence de presse en tant que nouvelle présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, qui a longtemps appelé à des « États-Unis d’Europe », a déclaré qu’elle dirigerait une   « commission géopolitique » visant à dynamiser le rôle de l’UE sur la scène mondiale.  Elle n’a pas fourni beaucoup de détails autres qu’une promesse vaguement formulée que l’Union Européenne serait « la gardienne du multilatéralisme ».

Le 7 novembre 2019.  Le président Macron, dans une interview accordée au magazine londonien The Economist, a déclaré que l’OTAN était en « mort cérébrale » et a averti que les pays européens ne peuvent plus compter sur les États-Unis pour leur défense.  L’Europe, a-t-il dit, se trouve « au bord du précipice » et doit commencer à se considérer stratégiquement comme une puissance géopolitique et regagner sa « souveraineté militaire » ou sinon « nous ne contrôlerons plus notre destin ».  Macron a critiqué le président américain Donald J. Trump parce qu’il « ne partage pas notre idée du projet européen ». La chancelière Merkel a déclaré que Macron « a utilisé des mots drastiques, ce n’est pas ma vision de la coopération au sein de l’OTAN ».

Le 26 novembre 2019.  La France et l’Allemagne ont annoncé la « Conférence sur l’avenir de l’Europe », un exercice d’introspection post-Brexit de deux ans visant à réformer l’UE pour la rendre « plus unie et souveraine ».

Le 17 juin 2020.  Le Conseil Européen a chargé le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, de rédiger une « boussole stratégique » écrite.  Le document devrait avoir trois objectifs principaux : 1) Formuler la première analyse commune des menaces de l’UE ; 2) Renforcer le rôle de sécurité et de défense de l’UE ; et 3) Offrir des orientations politiques pour les futurs processus de planification militaire.  La boussole stratégique, visant à harmoniser la perception des menaces et des risques au sein de l’UE, doit être présentée en novembre 2021, débattue par les dirigeants de l’UE en décembre 2021 et approuvée en mars 2022.

Le 3 décembre 2020.  Le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, a écrit dans un article de blog intitulé « Pourquoi s’inquiéter de l’autonomie stratégique européenne » : « Il est difficile de prétendre être une « union politique  capable d’agir en tant qu’acteur mondial » et une « Commission géopolitique » sans être « autonome ».  Il a décrit « l’autonomie stratégique » comme un processus à long terme destiné à faire en sorte que les Européens « se prennent de plus en plus en charge ».

Le 5 mai 2021.  Quatorze pays de l’Union Européenne, Autriche, Belgique, Chypre, République tchèque, Allemagne, Grèce, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Slovénie et Espagne, ont appelé à la création d’une première force d’entrée de l’UE composée de 5000 soldats dotés de capacités aériennes, terrestres et maritimes.

Le 29 août 2021.  Dans une interview accordée au journal italien Corriere della Sera, Borrell, chef de la politique étrangère de l’UE, a déclaré que le moment était venu de créer une force expéditionnaire de l’UE, une « Force de première  entrée », pour compenser les « désengagement » des affaires internationales.  Un haut diplomate de l’UE, s’adressant au journal Guardian, a demandé : « Nous sommes déjà venus ici, quel dirigeant va permettre que leurs ressortissants soient tués au nom de l’UE ?  Quel problème cette force de réaction est-elle censée résoudre ? Borrell envisage sérieusement l’idée que l’UE serait capable de combler le vide laissé par les États-Unis ? »

Le 15 septembre 2021.  Dans son discours annuel sur l’État de l’Union prononcé devant le Parlement européen à Strasbourg, von der Leyen a appelé à une plus grande indépendance militaire vis-à-vis des États-Unis.  « L’Europe peut, et devrait clairement, être capable et disposée à faire plus par elle-même », a-t-elle déclaré.  Elle a appelé à une « Union européenne de défense » mais a reconnu le « manque de volonté politique » pour « construire les bases d’une prise de décision collective ».

Le 2 octobre 2021.  Le président du Conseil européen Charles Michel, s’exprimant lors d’une cérémonie de remise du prix international Charlemagne, a déclaré que  « 2022 sera l’année de la défense européenne ».

Les 5 et 6 octobre 2021.  Lors d’un sommet de l’UE en Slovénie, les états membres de l’UE étaient tellement divisés sur la question de l’autonomie stratégique que le sujet n’a même pas été inclus dans la déclaration finale du sommet.  Pour créer l’illusion d’un consensus, Michel a publié une « conclusion orale » du sommet : « Pour devenir plus efficace et plus affirmée sur la scène internationale, l’Union Européenne doit accroître sa capacité d’agir de manière autonome. » 

Une histoire d’échec

Le débat sur la construction d’une armée européenne dure depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale.  En 1950, la France a proposé de créer une armée commune pour protéger l’Europe occidentale de l’Union Soviétique sans avoir à réarmer l’Allemagne.  Un traité créant la Communauté européenne de défense a été signé en 1952, mais il n’a jamais été ratifié par le Parlement français en raison des craintes que la France perde sa souveraineté au profit d’un organe décisionnel multilatéral.

À la fin des années 1990, après que l’UE et ses états membres n’ont pas réussi à empêcher une décennie d’effusion de sang dans les guerres yougoslaves et après l’intervention des États-Unis, les dirigeants européens ont appelé à la création d’une force européenne de réaction rapide capable d’agir dans les crises futures.

En 2007, après des années de débat, l’UE a créé deux groupements tactiques de l’UE composés de 1500 soldats chacun pour répondre aux crises, mais, en raison de différends intra-européens sur le financement et le déploiement, ils n’ont jamais été utilisés.

L’Union Européenne demande maintenant que les groupements tactiques soient rebaptisés « Force de première entrée » composée de 5000 soldats.  On ne sait toujours pas pourquoi les dirigeants européens pensent que ce dernier réalisera ce que le premier n’a pas pu.  En tout état de cause, une force aussi petite est loin d’être suffisante pour donner à l’UE une « autonomie stratégique » par rapport aux États-Unis.

La Ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, dans un récent article d’opinion publié par Politico, a conclu que « les illusions d’une autonomie stratégique européenne doivent prendre fin ».  Elle a ajouté : « Les Européens ne pourront pas remplacer le rôle crucial de l’Amérique en tant que fournisseur de sécurité.  Nous devons reconnaître que, dans un avenir prévisible, nous resterons dépendants ».

Manque de capacités

Un obstacle important à la construction d’une armée européenne est la réticence des gouvernements de l’UE à investir dans la défense.  Lors du Sommet du Pays de Galles de 2014 de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, les alliés ont convenu de consacrer au moins 2% de leur produit intérieur brut (PIB) aux dépenses de défense.  En 2020, seuls neuf des 21 membres européens de l’OTAN ont honoré leurs engagements, selon les données fournies par l’OTAN.

L’Allemagne, la plus grande économie de l’UE et la quatrième au monde, n’a dépensé que 1,53% de son PIB pour la défense en 2020.  Cela représente une augmentation de moins de 0,5% du PIB depuis 2015.  La France, deuxième pays de la plus grande économie de l’UE, a consacré 2,01% du PIB à la défense en 2020, soit une augmentation de seulement 0,3% du PIB depuis 2015.

L’Italie, troisième économie de l’UE, a dépensé 1,41% du PIB pour la défense en 2020, tandis que l’Espagne, quatrième économie de l’UE, n’a dépensé que 1,02% du PIB pour la défense en 2020, selon les données de l’OTAN.  Les chiffres montrent que les dépenses de défense ne sont pas une priorité dans la plupart des pays européens.

Les forces armées allemandes (la Bundeswehr) sont dans un état de délabrement particulièrement triste.  Un rapport accablant publié par le Parlement allemand en janvier 2019 a révélé que les équipements essentiels étaient rares et que la préparation et le recrutement étaient au plus bas.  « Peu importe où vous regardez, il y a un dysfonctionnement », a déclaré un officier allemand de haut rang en poste au siège de la Bundeswehr à Berlin.

Un rapport de mai 2018 du magazine allemand Der Spiegel a révélé que seuls quatre des 128 avions de chasse allemands étaient prêts au combat.  L’obligation de l’Allemagne envers l’OTAN l’oblige à disposer d’au moins 80 avions prêts au combat pour les situations de crise.

Fin 2017, aucun des 14 gros avions de transport de l’armée de l’air allemande n’était disponible pour le déploiement en raison d’un manque de maintenance, selon le Parlement allemand.  En octobre 2017, un porte-parole de la marine allemande a déclaré que les six sous-marins allemands étaient à quai pour des réparations.  En février 2015, le ministère allemand de la Défense a admis que ses forces étaient tellement sous-équipées qu’elles ont dû utiliser des balais au lieu de mitrailleuses lors d’un exercice de l’OTAN en Norvège.

Une grande partie du blâme incombe à la chancelière allemande Angela Merkel. Au cours de ses 16 années au pouvoir, elle s’est contentée d’une tournée sous le parapluie de la défense américaine.  La faute également à Ursula von der Leyen, qui a été ministre allemande de la Défense entre 2014 et 2019, avant d’être promue à la tête de la Commission Européenne, et qui veut désormais construire une armée européenne.  En tant que ministre allemand de la Défense, von der Leyen a été en proie à des scandales et accusée de copinage, de mauvaise gestion et de népotisme.

L’analyste des affaires européennes Matthew Karnitschnig a plaisanté :« Avec Merkel sur le point de sortir, la réparation de la Bundeswehr appartiendra probablement à son successeur.  Jusque-là, les plans d’une « armée européenne », incluant l’Allemagne, ont à peu près autant de chances de décoller que l’armée de l’air allemande ».

La France, qui compte un peu moins de 300.000 militaires actifs, possède la plus grande armée d’Europe.  Pourtant, çà reste une puissance régionale, pas mondiale. En septembre 2021, la RAND Corporation, dans une étude majeure.  « Un Allié  s’étire lui-même : Un aperçu de la capacité de défense de la France selon une perspective allemande », a conclu que l’armée française souffre de nombreuses lacunes qui rendent aussi « limitée » sa capacité pour soutenir un conflit conventionnel haut de gamme.

L’armée française « est confrontée à un défi en matière de préparation, en raison des coupes budgétaires et des mesures d’austérité passées, d’un petit nombre de systèmes d’armes et de la charge de soutenir les opérations en cours à l’étranger », selon la RAND. L’armée de l’air française « souffre d’une capacité limitée » et « manque cruellement de transport aérien stratégique ».  La marine française, qui n’a qu’un seul porte-avions, comme les autres services français, « a des problèmes de préparation, et les stocks de munitions seraient faibles », selon la RAND.  Le point à retenir du rapport est que l’armée française aurait besoin de décennies de préparation et d’augmentations budgétaires massives pour constituer de manière réaliste la base d’une armée européenne.

La Pologne, qui s’oppose à une armée européenne car elle « affaiblirait » les armées des pays membres de l’OTAN, envisage de doubler la taille de ses forces armées à 250.000 soldats et 50.000 réservistes.  L’expansion, annoncée le 26 octobre, ferait de l’armée polonaise la deuxième plus importante d’Europe, devant celle du Royaume-Uni.  En janvier 2020, la Pologne a signé un contrat d’une valeur de 4,6 milliards de dollars pour l’achat de 32 avions de combat F-35A aux États-Unis.

En octobre 2018, la Belgique a signé un accord de 4,5 milliards de dollars pour l’achat de 34 avions de combat F-35A aux États-Unis.  « L’offre des Américains était la meilleure sur l’ensemble de nos sept critères d’évaluation », a écrit le Ministre belge de la Défense Steven Vandeput sur Twitter.

« Cette décision est un revers pour la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, qui sont à l’origine du programme Eurofighter, et signifie également le rejet d’une offre française informelle de vendre à la Belgique le chasseur Rafale construit par Dassault Aviation », selon Reuters.

Cela implique qu’à l’avenir les armées belge et polonaise seront davantage intégrées aux États-Unis et à l’OTAN plutôt qu’à une hypothétique armée européenne.

Les motivations de Macron

L’un des champions les plus virulents de l’idée d’une armée européenne est le président français Emmanuel Macron.  Il doit savoir qu’une armée européenne indépendante n’est qu’une possibilité lointaine, bien qu’il ait qualifié l’alliance de l’OTAN de « mort cérébrale ».

Alors que la chancelière allemande Angela Merkel est sur le point de prendre sa retraite, il semble qu’une grande partie de la position de Macron sur « l’autonomie stratégique » européenne fasse partie d’une stratégie de campagne nationaliste française visant à présenter la France comme une grande puissance qui domine l’Union Européenne.  Macron semble essayer de séduire les électeurs français tout en se faisant un rôle pour remplacer Merkel en tant que nouveau leader de l’Europe.

Macron, qui n’a pas encore déclaré sa candidature, risque d’être réélu en avril 2022.  Actuellement, il est clairement le favori au premier tour avec 24%, selon de récents sondages cités par Politico.  Ses principaux rivaux sont deux nationalistes : Marine Le Pen du Rassemblement national de droite, et Éric Zemmour, essayiste et personnalité médiatique française.

Macron réclame une armée européenne depuis plusieurs années, mais son aspiration déclarée à « l’autonomie stratégique » est passée à la vitesse supérieure après que le président américain Donald J. Trump ait menacé de se retirer de l’OTAN si les états membres européens refusaient de payer leur juste part. L’avertissement de Trump, qui semble avoir été plus un bluff qu’une menace réelle, a incité de nombreux pays européens à augmenter leurs dépenses de défense, même si la plupart sont encore en dessous du seuil convenu de 2% du PIB.

Macron a ensuite subi un coup humiliant de la part de l’administration Biden.  En septembre 2021, l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis ont annoncé une nouvelle alliance stratégique tripartite visant à contrer l’affirmation croissante de la Chine dans la région indo-pacifique.

Notamment, le soi-disant accord AUKUS n’inclut aucun état membre de l’Union Européenne, qui ait été complètement laissé dans l’ignorance de la nouvelle alliance. AUKUS a été annoncé le 15 septembre, quelques heures seulement avant que l’UE ne dévoile sa très médiatisée « Stratégie de coopération dans l’Indo-Pacifique ». L’UE avait espéré que son nouveau plan mettrait en évidence son autonomie stratégique par rapport aux États-Unis dans la région du Pacifique.  Au lieu de cela, l’UE a été éclipsée par AUKUS et exposée comme un tigre de papier.

Ajoutant l’insulte à l’injure, l’Australie a annoncé que dans le cadre de l’accord AUKUS, elle avait annulé un contrat de sous-marins de plusieurs milliards de dollars, autrefois surnommé le « contrat du siècle », en vertu duquel la France devait fournir à l’Australie 12 sous-marins à moteurs diesel.  Au lieu de cela, l’Australie a déclaré qu’elle achèterait des sous-marins nucléaires aux États-Unis.

La France a réagi avec colère à ce revirement.  Le Ministre français des Affaires Étrangères a qualifié AUKUS de « coup de poignard dans le dos ». L’ambassadeur de France en Australie, Jean-Pierre Thébault, a déclaré que la décision de l’Australie d’annuler l’accord sur les sous-marins s’apparentait à une « trahison ».  Le gouvernement français a affirmé que la décision australienne avait pris Paris par surprise, mais la fuite ultérieure d’un message texte entre Macron et le Premier ministre australien Scott Morrison a révélé que Macron savait bien à l’avance que l’Australie prévoyait d’annuler le contrat.

L’humiliation d’AUKUS a mis Macron en colère et semble alimenter ses appels de plus en plus frénétiques à une « autonomie stratégique ».  Un conseiller de Macron a déclaré :

« Nous pourrions fermer les yeux et faire comme si de rien n’était.  Nous pensons que ce serait une erreur pour tous les Européens.  Il y a vraiment une opportunité ici ».

Jusqu’à présent, cependant, seules l’Italie et la Grèce ont soutenu les appels de Macron à une force militaire autonome de l’UE.

En septembre 2021, la France et la Grèce ont signé un nouvel accord de défense et de sécurité dans lequel la France s’engage à fournir une assistance militaire à la Grèce en cas d’attaque d’un pays tiers, même si un tel pays, la Turquie, est membre de l’OTAN.  Macron a déclaré que l’accord, d’une valeur de 3 milliards de dollars pour la France, était une « étape importante » dans la défense européenne car il renforçait « l’autonomie stratégique » de l’UE.

Le Premier ministre grec Mitsotakis a qualifié l’accord de défense gréco-français de « premier pas vers l’autonomie stratégique de l’Europe ».  Mais certains membres de l’UE étaient sceptiques quant à l’accord et craignent qu’il ne serve qu’à attiser les tensions entre la Grèce et la Turquie.

« C’est un peu bizarre de dire que le pacte contribue à la souveraineté européenne », a déclaré à Politico un diplomate de l’UE anonyme.  « Au dire de tous, il s’agit d’un pacte de défense traditionnel du XIXe siècle entre deux puissances européennes ».

Le Premier ministre danois Mette Frederiksen, dans une interview au journal danois Politiken, a déclaré que Macron aggravait son différend avec les États-Unis de manière démesurée :

« Je pense qu’il est important de dire, par rapport aux discussions qui se déroulent actuellement en Europe, que je considère le président américain Joe Biden comme étant très fidèle à l’alliance transatlantique ».

« Je pense en général qu’il faut s’abstenir de soulever certains défis spécifiques, qui existeront toujours entre alliés, jusqu’à un niveau où ils ne sont pas censés être.  Je veux vraiment, vraiment mettre en garde contre cela ».

Pendant ce temps, le journal britannique The Telegraph a rapporté le 22 septembre que Macron avait proposé de mettre le siège de la France au Conseil de Sécurité des Nations Unies « à la disposition de l’Union Européenne » si ses gouvernements soutenaient les plans de Macron pour une armée européenne.  La présidence française a ensuite démenti le rapport :

« Contrairement aux affirmations rapportées ce matin, non, la France n’a pas proposé de quitter son siège au Conseil de Sécurité des Nations Unies.  Elle appartient à la France, et elle le restera ».  

La France assumera la présidence tournante de six mois de l’Union Européenne le 1er janvier 2022.  Pendant ce temps, Macron ne manquera pas de continuer à faire pression pour l’autonomie stratégique des États-Unis, y compris lors d’un « Sommet sur la défense européenne » prévu au premier semestre de 2022.

Source: Prophecy News Watch 

Traduit par PLEINSFEUX.ORG

 

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