La purge commence : les pasteurs bibliques sont priés de s’abstenir.


Partager avec les autres

Par l’équipe de PNW  –  le 6 juillet 2026

1) Une nouvelle politique qui divise

L’Église presbytérienne débat depuis des décennies des questions de sexualité, de mariage et d’autorité biblique. Mais sa dernière décision pourrait avoir des conséquences bien plus importantes qu’un simple changement de politique. Elle instaure un système permettant aux Églises de sélectionner les pasteurs en fonction de leurs positions sur la théologie LGBTQ avant même qu’ils ne soient sérieusement considérés pour le ministère.

Ses partisans appellent cela de l’efficacité.

Les critiques y voient le début d’une purge théologique.

Lors de la 227e Assemblée générale, les commissaires ont approuvé GEN-06, demandant à la Church Leadership Connection de la dénomination d’ajouter une fonctionnalité optionnelle à son profil de discernement ministériel — la base de données officielle que les églises utilisent lorsqu’elles recherchent des pasteurs.

Cette nouvelle fonctionnalité permet aux congrégations d’indiquer leur ouverture à l’idée d’appeler un pasteur LGBTQIA+ et permet aux comités de recherche de filtrer les candidats selon plusieurs critères, notamment s’ils s’identifient comme LGBTQIA+, s’ils célèbrent des mariages entre personnes de même sexe et s’ils soutiennent l’ordination des anciens, diacres et ministres LGBTQ.

Sur le papier, la proposition semble raisonnable. Les églises pourraient ainsi trouver plus facilement des pasteurs partageant leurs convictions, évitant de longs entretiens peu susceptibles d’aboutir à une adéquation.

Mais cela suppose que la confession reste théologiquement équilibrée.

2) Un filtrage qui inquiète les conservateurs

L’Église presbytérienne (États-Unis) a progressivement adopté, au fil des années, des positions progressistes sur la sexualité. Elle a révisé sa constitution afin d’y inclure des protections pour les personnes LGBTQIA+, a approuvé le mariage entre personnes de même sexe et a ouvert l’ordination aux pasteurs ouvertement LGBTQ. Ce nouveau système de sélection ne crée pas une nouvelle orientation ; il accélère une évolution déjà bien amorcée.

C’est pourquoi de nombreux conservateurs ne se laissent pas berner par le discours sur le « choix ».

Dans la culture institutionnelle actuelle, les exigences formelles sont souvent superflues. Les comités de recrutement, les outils de recherche et les questions de présélection accomplissent discrètement ce que les politiques officielles n’ont jamais besoin d’exprimer ouvertement.

La question devient remarquablement simple :

Approuvez-vous notre théologie sur la sexualité ?
Si la réponse est oui, votre demande passera à l’étape suivante.

Si la réponse est non — même si vous croyez sincèrement que les Écritures enseignent le contraire —, votre profil risque de ne plus jamais être consulté.

C’est pourquoi beaucoup le perçoivent moins comme un outil de mise en relation que comme un test décisif.

3) Les conséquences pour le ministère pastoral

Les partisans insistent sur le fait que les églises conservatrices restent libres d’appeler des pasteurs qui adhèrent aux convictions bibliques traditionnelles. Techniquement, cela reste vrai.

Mais les Églises sont des écosystèmes. Les séminaires forment les futurs pasteurs. Les comités façonnent le leadership. Les systèmes de recrutement créent des opportunités. Dès lors qu’une Église s’oriente massivement vers une direction théologique particulière, ces outils de sélection ne peuvent que renforcer ce mouvement.

Le résultat est prévisible. Les églises progressistes repèrent rapidement les pasteurs qui partagent leurs convictions, tandis que les pasteurs attachés aux croyances chrétiennes traditionnelles sont de moins en moins sollicités par les fidèles. Nul besoin d’exclusion formelle : ce filtrage discret produit le même résultat.

L’ironie est flagrante.

Depuis des années, les progressistes défendent la diversité et l’inclusion. Pourtant, l’un des dogmes les plus anciens et les plus universellement acceptés du christianisme — à savoir que le mariage est l’union d’un homme et d’une femme — est de plus en plus souvent perçu non comme une conviction théologique légitime, mais comme la preuve qu’une personne est inapte au ministère.

Pendant près de deux mille ans, les chrétiens de toutes traditions ont partagé cette conception du mariage. Aujourd’hui, au sein de certains courants du protestantisme traditionnel, cette croyance historique devient la position qu’il faut défendre.

4) Une question d’autorité biblique

Au final, ce débat ne porte pas uniquement sur la sexualité.

Il s’agit d’autorité.

L’Église laissera-t-elle les Écritures façonner ses croyances, même lorsque celles-ci entrent en conflit avec la culture ? Ou bien les attentes culturelles deviendront-elles le prisme à travers lequel les Écritures seront réinterprétées ?

L’apôtre Paul a averti Timothée qu’un temps viendrait où les gens ne supporteraient plus la saine doctrine et chercheraient plutôt des enseignants qui leur diraient ce qu’ils voulaient entendre. Ces paroles ne concernaient pas le monde, mais les pressions qui se manifestaient au sein même de l’Église.

Chaque génération de croyants traverse des moments où la fidélité a un prix. De plus en plus souvent, ce prix consiste simplement à s’en tenir aux convictions des chrétiens depuis leurs origines.

Des politiques comme celle-ci permettent de clarifier le choix.

La question n’est plus de savoir si l’Église presbytérienne est en train de changer.

La question est de savoir si les pasteurs qui continuent de croire à l’enseignement biblique sur le mariage ont encore leur place au sein de cette institution.

, ,

Translate »