Publié le 15 juillet, 2012 | par Pleins Feux

Le visage de Jérusalem depuis 1949

Mercredi, le 1 juin, c’est Yom Yerushalayim où la Journée de Jérusalem, marquant le 44ième anniversaire de la réunification de la ville après la guerre des Six Jours.

Par Abba Eban – Le 25 mai 2011

 À cette occasion, nous avons extrait des parties d’un discours à l’Assemblée Générale des Nations Unies, le 5 mai 1949, par l’Ambassadeur Israélien de l’époque, Eban Abba, qui recherchait la ratification par l’Assemblée de l’approbation du Conseil de Sécurité, accordée plusieurs semaines auparavant, à la demande d’adhésion d’Israël à l’ONU.

Cette partie des discours sont centrés sur Jérusalem, en particulier la défiance des Arabes envers une résolution de l’ONU sur la gouvernance de la ville, et de leur invasion du quartier juif de la Vieille Ville.

Les responsabilités de l’Organisation des Nations Unies dans la ville de Jérusalem provenaient de la résolution du 29 novembre 1947 de l’Assemblée Générale. Cette résolution prévoyait la création d’un régime spécial conçu principalement « pour protéger et préserver les intérêts spirituels et religieux uniques situés dans la ville. »

En instaurant ce régime, l’Organisation des Nations Unies s’engageait à assumer la responsabilité la plus solennelle et critique pour le bien-être et le développement, et même pour la vie même des dizaines de milliers de personnes. L’Organisation des Nations Unies s’engageait « à veiller à ce que règne la paix et l’ordre à Jérusalem ». Elle s’est engagée à « promouvoir la sécurité, le bien-être et toute les mesures constructives de développements pour les résidents ».
Selon les termes de la résolution, l’exercice de ces lourdes responsabilités nécessitait la création d’une « force de police spéciale », d’une force suffisante, dont les membres seraient recrutés en dehors de la Palestine.

L’Organisation des Nations Unies s’engageait à nommer un gouverneur à la tête d’un important personnel militaire et administratif, chargé de « l’obligation de préserver les lieux saints et les édifices religieux, et de maintenir le libre accès à ceux-ci. »

Le Conseil de Tutelle était chargé d’élaborer et d’approuver les statuts détaillés de la ville. Les populations juives et arabes de la Palestine ont été appelées à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre ce plan en vigueur.

Un seul facteur est responsable du massacre et de la destruction, de l’angoisse et des deuils, pour le gaspillage des vies et des trésors, pour les perturbations des relations internationales, pour la profanation des lieux saints, pour la panique des vols et la misère de l’exil, et pour toutes les autres conséquences tragiques, de ce conflit inutile et futile. La cause est fixé par la Commission des Nations Unies dans un rapport à l’Assemblée Générale à cette même période l’an dernier.

De puissants intérêts arabes, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Palestine, défient la résolution de l’Assemblée Générale, et sont engagés dans un effort délibéré pour modifier par la force les établissements envisagés. Des bandes armées arabes, des pays arabes, avec l’appui des forces arabes locales, détruisent les objectifs de la résolution par des actes de violence. Les Juifs, de leur côté, sont déterminés à assurer l’établissement de l’État Juif, comme prévu par la résolution.

Ces paroles graves, sans précédent dans la littérature internationale de notre temps, ont été transmises par la Commission des Nations Unies pour la Palestine auprès de l’Assemblée Générale en avril 1948. Quelques semaines plus tard, cette agression monstrueuse a pris une forme officielle lorsque le secrétaire général de la Ligue Arabe, agissant au nom de sept pays, dont six membres de l’Organisation des Nations Unies, a informé le Conseil de Sécurité que les gouvernements qu’il représentait entreprenaient ce qu’il a appelé une « intervention militaire ».
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Il suffit de se rappeler que les États Arabes ont pris les armes non seulement contre la création d’Israël, mais aussi avec une égale ferveur et avec plus de succès contre l’établissement d’un régime international à Jérusalem. L’opposition des Arabes a pris deux formes; un boycott parlementaire et la violence militaire.
Il est significatif que la violence arabe dirigée contre la résolution de l’Assemblée Générale ait commencé dans la ville de Jérusalem. Avec la mise en place de bandes armées dans la Vieille Ville et de l’organisation d’un anneau de fer autour des communications de Jérusalem vers la côte.

En quelques semaines après l’adoption de la résolution de l’Assemblée Générale, au moment où le régime de l’ONU était toujours en activité, la ville est devenue une scène d’anarchie et de violence. Avec la route côtière catégoriquement aux mains des Arabes et l’approvisionnement en eau à la merci des forces arabes, un lent et terrifiant processus de strangulation a commencé.

Au début de l’invasion arabe officielle, le 15 mai, les forces armées de la Transjordanie, de l’Irak et de l’Egypte se sont réunies dans une tentative concertée pour asphyxier les poumons et les artères de la Ville Sainte, pour faire pleuvoir la dévastation et la désolation sur ses sanctuaires antiques et sur les habitations modernes. Ainsi que pour l’arracher de la communauté internationale pour une incorporation immédiate. Sans aucune réserve, dans un régime arabo-musulman.

Il s’est passé plusieurs semaines alors que la question était toujours en balance. Les bombardements, la famine, la peste et la soif attendaient les habitants juifs de la ville. Dès le mois de juin, la population vivait avec une poignée d’orge et de fèves. Le régime alimentaire moyen a été ramené à 800 calories par jour. Plusieurs mois avant l’arrivée des premières pluies, l’eau était distribuée avec des chariots dans des mesures à peine suffisantes pour maintenir la vie humaine.

Les habitants de Jérusalem, jusqu’à ce jour, espéraient une sorte de délivrance et la possibilité d’échapper à ces horreurs inoubliables, qui leur feraient face dans les semaines à venir. Pendant que le bombardement des villes nouvelles et anciennes prenait un lourd tribut de vies, les lieux saints eux-mêmes sont devenus la cible d’un feu nourri.

Dans le quartier juif, les cadavres s’entassaient sans sépulture, car il n’y avait pas d’accès au cimetière juif du Mont des Oliviers, ou à n’importe quelle partie de la ville hors des murs. Les forces arabes de Transjordanie, dès la cessation du Mandat, ont traversé en Palestine et ont dévasté les villages juifs dans le secteur de Kfar Etzion, avec la mort de la majeure partie de ses habitants et la capture de ce qui en restait.

Le Conseil de Sécurité, en session permanente, a été bombardé par des appels bruyants pour le sauvetage de la ville au nom de laquelle l’Organisation des Nations Unies avait accepté les obligations les plus solennelles. Rien ne s’est produit. Le Conseil de Tutelle, cheminait un cours tranquille face à l’opposition farouche des Arabes, dans l’élaboration des statuts envisagés par la résolution de l’Assemblée Générale.

Au plus fort de la détresse de Jérusalem, l’Assemblée Générale a été convoquée en session extraordinaire en avril et mai 1948. Ainsi, tous les principaux organes de l’Organisation des Nations Unies ont été constamment à l’œuvre, à ce point culminant de l’agonie de la ville. Rien dans l’histoire, n’est plus incongru, que le contraste pitoyable, entre ce tourment de la Ville Sainte et de la volonté déterminée de la communauté internationale de cette époque, de ne prendre aucune mesure quelle qu’elle soit pour lui venir en aide.

Semaine après semaine, avec une régularité qui doit être devenue monotone, pour les distingués représentants eux-mêmes, les porte-paroles Juifs apparaissaient dans les différents organes des Nations Unies, pour les supplier d’assumer les responsabilités auxquelles ils s’étaient engagés. Les responsabilités qui étaient et qui sont inséparables de tous droits, d’exercer une autorité ou une juridiction, dans tout village, ville ou pays dans le monde.

La population juive de Jérusalem, submergée dans la mort et la famine, luttant contre toutes les probabilités, pour leur survie elle-même, avait probablement peu de temps pour réfléchir sur l’attitude de ceux-ci, qui, quelques mois auparavant, avaient assumé la responsabilité ; « de leur sécurité et de leur bien-être, ainsi que la construction de mesures de développement ». Le droit de détruire et d’assiéger Jérusalem a été officiellement revendiqué par les représentants arabes comme une action de guerre légitime.

Le Conseil de Sécurité n’était naturellement pas disposé à régenter la destruction complète de Jérusalem par la famine pendant une trêve. Ils ont donc entrepris de fournir, aux Juifs de Jérusalem, des quantités de nourriture, dans une telle mesure, qu’à la fin de la période de trêve, l’approvisionnement alimentaire de Jérusalem, serait exactement la même, de ce qu’elle était auparavant. Paradoxe lamentable, la première intervention active de l’Organisation des Nations Unies, dans l’administration de Jérusalem, a été de s’assurer que la population n’ait pas trop à manger.

Lors du déroulement de ce terrible processus, il n’était pas surprenant que les Juifs de Jérusalem avaient appris la dure leçon qu’ils ne pouvaient espérer aucun salut, à l’exception d’un seul groupement de leurs frères dans l’État d’Israël, qui, tout en s’agrippant désespérément pour leur propre survie, se souvenaient de leurs parents et amis à Jérusalem.

L’État d’Israël a lancé de toutes ses forces une bouée de secours pour la ville assiégée. Le 28 mai, le quartier Juif s’est rendu au milieu de la destruction de ses lieux saints. Toutes, sauf cinq de ses anciennes synagogues, étaient détruites. Celles qui restaient avaient été pillées par les forces arabes d’occupation. L’historique « Mur des Lamentations », le sanctuaire le plus sacré pour les adeptes de la foi juive, est privé de tout accès pour ses fidèles et le demeure encore à ce jour.

La nouvelle ville de Jérusalem était également susceptible de succomber, ses voies d’approvisionnement devaient rester ouvertes. Dans le champ de tir des forces arabes qui les assiégeaient, les juifs ont construit un détour sur la route côtière. Cette bande étroite, sculptée sur la pente raide de la montagne, a commencé à alléger la rigueur de la situation alimentaire.

Pourtant, la plupart du temps, lors de tentatives désespérées, il était nécessaire, d’exécuter une série de tirs d’obus et d’avoir recours à des embuscades, pour amener les convois jusqu’à la ville affamée.

Les habitants de Jérusalem gardent gravés dans leurs cœurs, le souvenir de toutes ses répercussions, au travers de ces périls et de ces dangers. Leurs convois ont emprunté cette route afin de livrer des subsistances, à un moment où les extrémités de leur endurance étaient atteintes. Sur les camions du premier grand convoi à rejoindre Jérusalem, au sommet de son danger, était inscrit un message du peuple d’Israël pour les Juifs de Jérusalem, « Si je t’oublie, O Jérusalem, que ma main droite oublie ses ruses! » Les Juifs de Jérusalem n’ont pas été oubliés.

La bataille de Jérusalem a été remportée, dans une victoire arrachée à l’imminence de la défaite. Ce n’était pas une victoire obtenue à la légère, ou à un prix économique. En voyageant de la plaine côtière vers Jérusalem en passant par Bab-el-Wad, vous pouvez voir encore aujourd’hui des camions renversés et des voitures prises en embuscade et incendiées. Les cendres qui jonchent la route ne sont pas celles des camions uniquement. Les jeunes d’Israël sont tombés par centaines pour sauver Jérusalem. Ils l’ont sauvé de la catastrophe, de l’opprobre, de la famine et de la reddition.

Nous devons la sauvegarde de Jérusalem, de la capture des forces arabes, aux Juifs de cette ville et d’Israël. Ils ont non seulement préservé les droits des Juifs dans le berceau même de la tradition juive, mais ils ont aussi gardé vivant les intérêts des chrétiens. Car, il ne fait aucun doute que si l’agression sur la ville avait réussi, elle serait immédiatement et irrévocablement devenue incorporée dans un État Arabe qui aurait explicitement et ouvertement affirmé son droit incontesté de maintenir sa complète souveraineté sur toute la ville, y compris ses lieux saints.

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Rien n’est plus splendide et impressionnant dans l’ensemble du dossier, quant aux réalisations d’Israël, de la remise en état rapide de la ville et de son retour à la vie normale dans la dignité.

-Il y a un an, c’était l’anarchie. Aujourd’hui, il y a une administration efficace, tant du côté juif, que du côté arabe de la ville.

-Il y a un an, c’était les effusions de sang, aujourd’hui, il y a la paix.

-Il y a un an, c’était la famine, aujourd’hui, il y a une relative abondance.

-Il y a un an, c’était la dévastation, aujourd’hui, il y a tous les symptômes de la récupération.

-Il y a un an, les lieux saints avaient été mis à sac par le choc des armées, aujourd’hui, ils sont en paix et il y a toutes les facilités d’accès et de cultes à tous les lieux saints, sauf aux lieux saints juifs, où ceux-ci sont restaurés progressivement.
Cette restauration de paix et de normalité à Jérusalem, est de loin le facteur le plus important à garder à l’esprit lorsque la question et l’avenir des lieux saints sont étudiés. Sans la paix à Jérusalem, entre les Juifs et les Arabes, aucun statut juridique ne peut assurer la protection de la ville ou l’immunité de ses sanctuaires sacrés. S’il y a la paix à Jérusalem entre les Juifs et les Arabes, alors l’assurance de la sauvegarde pour les lieux saints, devient une tâche facilement accomplie pour un processus d’accord bilatéral et international.

Le gouvernement d’Israël est prêt à offrir la plus grande des garanties pour la sécurité des institutions religieuses dans l’exercice de ses fonctions.

Le gouvernement d’Israël est prêt à négocier immédiatement avec toutes les autorités religieuses concernées, à cet objectif en vue.

Le gouvernement d’Israël persévérera dans ses efforts, pour réparer les dommages infligés aux édifices et aux sites religieux, au cours de la guerre lancée par les États Arabes.

L’intégration de la partie juive de Jérusalem dans la vie de l’État d’Israël, s’est produite, comme un processus historique naturel, résultant des conditions de la guerre, du vide de l’autorité créé par la cessation du mandat, ainsi que du refus de l’Organisation des Nations Unies d’assumer des responsabilités administratives directes sur la scène.

Cette intégration, qui va de pair avec un processus similaire dans le secteur arabe, n’est pas incompatible avec la mise en place d’un régime international chargé d’un statut juridique complet pour la protection effective des lieux saints, où qu’ils se trouvent.

Le gouvernement d’Israël continuera à rechercher des accords avec les intérêts arabes concernés, pour le maintien et la préservation de la paix et la réouverture des accès bloqués pour entrer et dans la ville de Jérusalem.

Le gouvernement d’Israël attire l’attention sur l’existence de profonds intérêts religieux juifs, qui donnent à Jérusalem une place centrale et le respect de la vie spirituelle juive. Toutes les associations sacrées de Jérusalem découlent ultimement de leurs origines juives. La préservation des synagogues, le droit d’accès au Mur des Lamentations et le droit de résidence dans la ville fortifiée, exigent des garanties et des mises en œuvre internationales.

Le regard consciencieux et honnête que le gouvernement d’Israël a démontré et continue de démontrer, à la fois pour les intérêts internationaux et pour le bien-être de la population, lui donne le droit de présenter son dossier sur Jérusalem comme son point culminant de crédit.

(Abba Eban était un politicien et un diplomate israélien de carrière, servant dans une variété de positions incluant Ambassadeur aux États-Unis et aux Nations-Unies; Membre de la Knesset, aux affaires étrangères et assistant Premier Ministre. Il est décédé le 17 novembre 2002, à l’âge de 87 ans.)

http://www.jewishpress.com/pageroute.do/48412

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