Les émeutes se rapprochent

Quelque chose d’important est sur le point de se produire, explique un militant d’Obama. Attendez-vous à une révolution, attendez-vous à un «printemps arabe » en Amérique.

Par Robert Morley – Le 14 octobre 2011

Cet automne pourrait être une saison sauvage et dangereuse. Les marchés boursiers agissent comme s’il y avait une autre Lehman Brothers cachée et prête à exploser. L’euro est en chute libre. Standard & Poors a atteint de nouveaux creux. La Grèce tente désespérément de payer des factures impossibles. Les plus grandes banques de l’Europe flirtent avec la faillite. La zone euro semble se désintégrer.

De retour en Amérique, les choses deviennent de plus en plus friables également.

« Octobre va devenir le point tournant », a déclaré Van Jones, l’ancien « tsar » déshonoré de l’administration Obama. L’Amérique est sur le point de vivre « une chute américaine, un automne américain, tout comme nous avons vu le printemps arabe », a-t-il déclaré, jeudi.

« Vous pouvez le voir en ce moment même avec ces jeunes gens sur Wall Street… Nous allons avoir une offensive d’octobre pour reprendre le rêve américain et pour sauver la classe moyenne de l’Amérique. »
Il y a quelques semaines, 700 activistes « occupant Wall Street » ont été arrêtés pour avoir bloqué le pont de Brooklyn afin d’obtenir l’attention des médias. Les manifestants scandaient des slogans comme « Des emplois, pas des coupures » et portaient des enseignes comme « Mangez les riches ».

Les protestations se propagent maintenant à travers l’Amérique et l’Europe. De plus petites manifestations un peu partout ont été signalées au cours du week-end, avec des gens qui protestaient au sujet de tout, des prix élevés de l’essence jusqu’au manque d’assurance médicale.

Jusqu’à présent, aucun organisme ne semble diriger les protestations. Mais cela peut être sujet à changement.

Si Van Jones dit vrai, ces protestations relativement pacifiques ne pourraient être que le début. Van Jones est au beau milieu d’une poussée spectaculaire afin d’établir une alliance d’unions syndicales, d’environnementalistes, de groupes minoritaires, de mondialistes et de jeunes manifestants en colère pour « contrebalancer » la puissance croissante du mouvement Tea Party.

Hier, aujourd’hui et demain, Van Jones participe à un énorme sommet pour créer une alliance de forces «progressistes» afin de pousser l’agenda du pays plus à gauche. C’est ce qu’on appelle le « Mouvement du rêve américain », explique Jones. Certains syndicats ont déjà commencé à fournir un soutien pour les manifestants.

Mais où le « Rêve Américain » de Jones amènera-t-il vraiment l’Amérique?

Van Jones, un communiste réformé bien connu, est le fondateur du groupe radical de l’autonomie des Noirs, Color of Change. Selon le site web de ce groupe, non seulement le gouvernement américain ne représente pas les Noirs américains, il a délibérément « laissé derrière pour mourir » des centaines de milliers de Noirs et des personnes des minorités à la Nouvelle Orléans, uniquement parce qu’ils n’étaient pas Blancs.

Il a également une vision bien arrêtée sur la guerre en Irak, qu’il dit n’être qu’un prétexte pour s’emparer du pétrole.

Selon Van Jones, l’Amérique a une énorme dette qu’elle doit rembourser à ses groupes minoritaires. Il a dit que les Amérindiens, par exemple, avaient été incarcérés et éloignés de l’économie basée sur la pollution, et devaient être embarqués dans sa nouvelle économie verte. L’Amérique doit leur redonner leurs terres volées, leurs richesses, leur dignité et le respect qu’ils méritent, dit-il. Le gouvernement doit s’assurer que les femmes soient mieux payées. Et elle doit cesser la pulvérisation volontaire des produits chimiques et l’empoisonnement de « nos frères et sœurs immigrés afin d’obtenir les aliments que nous voulons manger ».

Il s’agit de la « justice sociale », explique Jones. Et cela signifie des paiements monétaires et des avantages législatifs pour les répressions raciales et sexuelles des minorités.

Jones a également acquis une certaine notoriété pour avoir été associé à l’organisation « 9/11 Truther » qui prétend que le gouvernement américain a été impliqué en causant les attentats terroristes du 11 septembre 2001. Il a depuis déclaré que son nom avait été affecté par le groupe sans son consentement.

Mais ce qui est peut-être le plus notoire, Jones a aussi été un membre fondateur de STORM, Standing Together to Organize a Revolutionary Movement (se tenir ensemble pour organiser un mouvement révolutionnaire), une organisation marxiste radicale engagée dans la création de la révolution en Amérique. Une publication produite par STORM, aujourd’hui dissoute, affirme que l’organisation avait regardé « vers les traditions révolutionnaires du Tiers-Monde communiste et avait trouvé des modèles précieux et inspirant pour un changement révolutionnaire ».

Est-ce aujourd’hui le moment de Van Jones? Sera-t-il en mesure d’aider à fonder une autre organisation qui va enfin parvenir à ses fins? Dans une interview radiophonique de 2008, il a dit que l’Amérique avait besoin d’une « révolution complète » pour « transformer la société tout entière » loin du capitalisme. Sera-t-il capable de canaliser l’indignation manifeste dans les émeutes de Wall Street, et la mauvaise économie, vers son objectif?

Van Jones semble certainement penser en ce sens. Dans un article de février, il a dit que le pays avait besoin de se tourner vers les héros des syndicats à Madison, dans le Wisconsin, pour une inspiration. « L’esprit de Madison » doit s’étendre à tous les 50 États, a-t-il dit.

Il a dit que la « force de l’arc-en-ciel » des syndicats, des anciens combattants, des étudiants, des chefs religieux, des combattants pour les droits civiques, les champions des droits des femmes, des promoteurs des droits des immigrants, des lesbiennes, des homosexuels, des bisexuels, des transsexuels, des personnes qui s’interrogent sur leur orientation sexuelle, des environnementalistes, des universitaires, des artistes, des célébrités, des activistes communautaires, des officiels élus, et plus encore, unissent maintenant leurs forces afin de se dresser « pour ce qui est juste ».

Et qu’est-ce qui est juste? Jones a élucidé dans son article de Huffington Post sa « Présentation du Mouvement « Rêve Américain ». Cela comprend:
• Réduire les dépenses publiques en coupant les « subsides corporatifs » pour le

pétrole, l’agriculture et les entreprises militaires, mais pas pour les

entreprises œuvrant dans l’énergie verte fortement subventionnées.
• Protéger le « cœur et l’âme de l’Amérique » en donnant plus de pouvoirs aux

enseignants, aux infirmières et aux syndicats des premiers répondants.
• Garantir « la santé, la sécurité et la réussite de nos enfants et de nos

communautés en laissant les muscles et les os des communautés américaines

intacts », peu importe ce que cela signifie. C’est peut-être une référence à

l’octroi de l’immunité aux immigrés clandestins pour la déportation.
• S’opposer à tout changement des lois concernant les «négociations

collectives» des syndicats, qui ne sont vraiment que des lois « d’extorsions des

contribuables ».

Ce ne sont pas des idées extrêmes, ce sont « des idées du gros bon sens » qui peuvent rallier les Américains à se lever et à rêver à nouveau, dit-il. Les gens peuvent se consoler en sachant que cette grande nation «tirera finalement ses réponses, non pas de ses idéologiques extrêmes, mais de son centre moral profond», tout comme le syndicat des travailleurs du Wisconsin l’a fait.

« Ne vous y trompez pas : c’est notre moment « Tea Party », a dit Jones.

L’Amérique est en effet à la limite d’un moment charnière dans l’histoire. La nation est divisée, elle est financièrement brisée, les radicaux arrivent au pouvoir, les masses mécontentes sont prêtes à être manipulées et, le plus important de tout, malgré ce que prétend Jones Van, il n’y a plus aucune « profondeur du centre moral » en Amérique qui va magiquement la sauver.

La « profondeur du centre moral » de l’Amérique peut avoir existé dans le passé, mais elle est morte depuis longtemps.
La bonne nouvelle est qu’il y a des réponses pour les problèmes économiques, sociaux, politiques, moraux de l’Amérique, mais elles ne viendront pas de l’intérieur automatiquement. Les réponses sont là, si quelqu’un est prêt à vraiment les rechercher. Vous n’avez qu’à aller à la « source de la morale ».

L’Amérique a besoin d’une vraie révolution morale. Mais si nous ne faisons pas attention, le Mouvement « Rêve Américain » pourrait rapidement devenir un cauchemar automnal américain.

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